Volodia est empreinte de plusieurs sentiments contradictoires, qu'elle peine à dissocier dans la vitesse de l'action. Une violente envie de sauter en vol, pour ne pas savoir où elle va atterrir, ni si elle va survivre à sa chute la serre à la gorge l'espace d'une seconde. Ce serait une bonne façon d'en finir, d'avoir senti en dernier la douce chaleur de la fourrure de l'animal. Mais il va si vite! Et le sol est si loin... Elle ferme les yeux, prise de vertiges et sent un haut-le-cœur la parcourir.
Elle décide de se serrer le plus possible contre le bison, afin qu'on puisse croire, de loin, qu'il voyage seul et se dirige vers le port de façon arbitraire. Ce qui est, de toute manière, le cas. Sa petite silhouette s'écrase et se fond dans les reliefs des vertèbres du monstre, et elle n'ouvre les yeux que bien plus tard, après avoir senti le soubresaut signant l'atterrissage.