Rien qu'à l'attitude d'Azazuk, elle sut immédiatement que ce dernier n'approuvait mais alors pas du tout le fait qu'elle ait assommé le prince. C'était normal après tout. Mais elle ne regrettait pas son geste, frapper le prince était de toute façon une chose qu'elle avait déjà faite par le passé, mais personne n'en savait rien, puisque c'était dans ses rêves. Et à vrai dire, pouvoir enfin le frapper s'était révélé être décevant : elle n'en avait retiré aucun soulagement ou plaisir. Elle n'éprouvait vraiment plus de haine pour lui, mais seulement une froide indifférence, et paradoxalement, elle avait voulu lui éviter de subir un sort fâcheux. C'était tout elle ça.
Magena prit alors sa défense, répliquant que c'était entièrement de sa faute. Un avis qu'elle était bien loin de partager.
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Ce n'est rien Magena, de toute façon, la responsable, c'est bien moi. Si je n'avais pas assommé le prince, tu n'aurais pas eu à t'occuper de ces gardes, fit-elle, lançant un petit clin d'oeil à la jeune maîtresse de l'eau, qui l'avait bien surpris lorsqu'elle s'était opposée aux gardes.
Mais malgré les apparences, Lyanna se sentait quelque peu mal à l'aise, et aurait tout donné pour pouvoir partir, sauf qu'elle aperçut alors des gardes royaux qui se dirigeaient vers eux, l'air plus que décidé, mais surtout en colère. Un léger sourire naquit sur les lèvres de la jeune épéiste, lorsqu'aussitôt arrivé, l'un des deux gardes, celui là même qui l'avait giflé après qu'elle eut assommé le prince, s'empara d'elle.
Ne me dis pas que tu as peur de moi..., songea t-elle, presque amusée alors qu'elle jetait un regard plein de défi à ce soldat au crâne dégarni, dont la délicatesse ne semblait pas être l'une de qualités. Mais mine de rien, si elle assumait ses actes, elle n'avait pas du tout envie d'aller à la caserne. Enfin qu'on vienne à le savoir surtout. Déjà que les relations avec ses parents étaient toujours en dents de scie, s'ils apprenaient ce qu'elle avait fait, cela n'allait rien arranger, et surtout, elle imaginait parfaitement la déception que ressentirait son grand père. Si bien que lorsque Magena lui chuchota quelque chose, elle l'écouta à peine.
Mais ce qu'elle ne put louper fut l'intervention d'Azaruk qui lui fit quitter bien vite ses pensées. Il venait d'empoigner l'homme chauve qui la retenait. Et demanda à les conduire lui même, et non pas à la caserne, mais au Palais. Et avec le ton qu'il employa et le regard dégoûté qu'il lança tant à Magena qu'à elle même, elle crut bien un instant qu'il était sérieux, et cela se vit sur son visage. Mais heureusement, elle le connaissait bien, et l'effet de surprise ne dura pas.
Azaruk...je me demande bien ce que tu as derrière la tête. Mais y'avait pas à dire, il était bon acteur ! Restait à savoir s'il allait réussir à convaincre les deux gardes royaux.
Et hop, au suivant