A l'intérieur du temple, pendant la fête :
Le cri, les trois gardes chargés de surveiller le temple cette nuit de fête, ne l'entendirent pas. Et les bruits qu'ils pouvaient entendre leur semblaient venir de la fête. Malheureusement pour eux. Puisqu'à la place, une dizaine de minutes plus tard, la petite porte permettant d'entrer dans le temple s'ouvrit. Ils n'eurent pas le temps de s'en étonner, qu'ils virent penêtrer dans ce lieu sacré un homme revêtu d'un long manteau bleu sombre traditionnel, un peu miteux. L'un des gardes, le plus proche de la porte, voulut l'arrêter, mais il ne récolta qu'un violent coup de lance dans le ventre. Oh, il aurait pû aisément se battre contre cet homme, et gagner, mais ce dernier se servait comme d'un bouclier d'une jeune enfant qu'il tenait contre lui.
Les autres gardes devinrent livides. Pas tant à cause du sang qui souillait maintenant cet endroit, mais parce que cette enfant, ils la connaissaient. Et pas seulement parce qu'elle venait au temple aussi souvent qu'elle le pouvait. C'était Yuna Hakan. Pâle mais vivante. Muette à cause d'un baillon sur la bouche, mais calme. Son regard d'enfant n'était pas terrifié. Même lorsque l'homme, après avoir refermé la porte, s'avança, sa lance dirigée contre elle, et ponctuant ses pas d'un rire totalement fou. Comme ses paroles à vrai dire :
-Il faut un sa-sa-crifice ! Ahahahahahah ! Il faut un sacrifice ! Pour calmer la colère des esprits ! Ahaha !
Sa voix, bien que forte, était tremblotante. Et les gardes le regardèrent sans rien oser faire pour l'instant. Ils craignaient trop pour la vie de la jeune princesse.
Lorsque l'homme parvint au centre de l'oasis, et s'arrêta juste devant la mare où tournoyaient les poissons koï, il abaissa sa capuche d'une main, révélant des cheveux gris hirsutes. Un mauvais rictus lui barrait le visage, et il continua de rire tout en posant sous la gorge de l'enfant un poignard. La nervosité des gardes s’accentua, d'autant qu'ils savaient maintenant à qui ils avaient affaire : un homme connu dans toute la capitale pour sa folie. Mais qui jamais n'avait agi comme il le faisait ce soir.
-Tu dois mourir...jeune princesse. Pour nous sau-ver! Cette colonne...dans le ciel...les esssprits veulent un sacrifice ! Ahahahahaha, fit-il, cherchant ses mots à force de rire.