par Gwlaglus » Mar 28 Juil 2015 22:22
Lorsque les gardes la conduisirent jusqu'à la prison, le sang de Lyanna se glaça, et elle se sentit encore plus mal, apeurée même. La caserne avait toujours eu un drôle d'effet sur elle, mais la prison, c'était d'un autre niveau. Parce qu'elle perdait sa liberté, réellement. Sa vie était déjà régie par des promesses, qu'elle regrettait de jour en jour, mais se retrouver coincée entre quatre murs, seule, sans rien pouvoir faire, c'était pire
Pourtant, elle avait laissé les gardes l'enfermer, sans se débattre, sans laisser ses nerfs lui jouer à nouveau un mauvais tour. Pas parce qu'elle ne voulait pas aggraver sa situation, mais parce qu'elle était coupable, et elle ne pouvait le nier. Il lui suffisait de regarder ses mains prises dans la glace pour revoir les flammes, et ce pauvre homme se transformer en torche humaine.
Tremblante, et pâle, elle se recroquevilla sur la couchette dure qui était l'un des seuls meubles que comptait la petite cellule. Et dire qu'en arrivant à La Rose des Glaces, elle s'était fait violence, pour retrouver un peu d'optimisme. Et là, elle angoissait, se demandant si l'homme avait survécu, et surtout, quelle peine on allait lui infliger. Cette situation lui en rappela ironiquement une autre. Mais au moins, elle, elle n'aurait pas à faire face à une justice arbitraire. Elle lâcha un faible soupir, avant de fondre en larmes. Ces deux derniers jours étaient vraiment les plus mauvaises journées de toute sa vie jusqu'à présent. Elles dépassaient même ce fameux jour où elle avait surpris sa mère parler de Kenaï Hakan, et qu'elle avait fui vers la toundra. Les yeux toujours humides, elle regarda ses mains. Pas parce qu'elle prenait conscience du poids et de la brûlure de la glace, mais parce qu'elle se demandait si sa maîtrise du feu n'avait pas un lien avec le fait qu'elle ait réussi à survivre plusieurs heures dans la toundra, sans moyen pour se protéger du froid, alors qu'une tempête faisait rage. Malheureusement, elle n'avait pas gardé grands souvenirs de cette journée, et elle n'avait pas envie de se souvenir.
Là, maintenant que ses larmes s'étaient taris, lui laissant les yeux rouges, et des sillons humides le long de ses joues, elle devait se calmer, et essayer de retrouver un peu de courage, pour ne pas se laisser totalement abattre. Parce que dans l'état où elle était, elle n'allait pas faire long feu face au chef de guerre, s'il décidait de la voir. Et après tout, ce qu'il s'était passé ce soir était un accident, elle n'avait pas voulu tuer cet homme. Sauf que sa culpabilité , elle, restait totale. Elle n'avait aucune excuse pour son comportement de ce soir, pour son énervement, sa colère, et ses flammes. Tout était bien de sa faute.