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Re: La place centrale

Lun 27 Aoû 2012 23:06

/Une arnaque destinée à ruiner le petit personnel/

*Nénietz ne s'en était toujours pas remis. Ayant entendu le retour du prince, il avait avancer son retour vers la cité du pôle Nord, renonçant à explorer les terres hostiles plus en profondeur. Il avait eu vent de la fête organisée par le grand chef pour le retour de son fils.*

/L'occasion rêvée de renflouer les caisses/ *s'était-il dit avec bonheur.

Arrivé sur place, il apprit avec horreur que tous les marchands sur place se voyaient obliger d'offrir leur service à la population pour cause de « fête nationale ». Nénietz s'était alors résigné à se plier à cet ordre, abandonnant ses rêves de richesse. Sa situation financière était au plus bas et cela le rendait bougon. Ce caractère n'attirant pas les acheteurs, il était entré à son grand dam dans un cercle vicieux qui le menait inexorablement vers la perte de son pécule.
A son arrivée à la cité, il avait parqué son chariot et son hippopotame laineux à proximité de la grande place, payant au passage un des gardes pour qu'il jette un œil sur sa cargaison. Embarquant un sac contenant son matériel de cuisine et un tonneau de lait, il avait utilisé sa maîtrise de la glace pour se créer un étal de givre sur la place centrale. Il avait passé la soirée à attendre des clients. Il faut bien le reconnaître, malgré la qualité de ses produits, les habitants du pôle Nord sont peu attirés par les glaces. Il le savait et cela le mettait dans une humeur noire. Après deux heures d'attente infructueuse et ayant perdu tout espoir, il rangea ses affaires et tenta de profiter de la fête.

Lorgnant d'un air dédaigneux les autres stands de nourriture, il goûta quelques plats mais aucun d'entre eux ne méritait son attention, à l'exception peut-être de ce thé aux feuilles de raisins d'ours qu'il qualifiait de « passable ». Nénietz écouta avec attention le discours de Toruuk Hakan. Il n'était pas intéressé par la politique mais il respectait cet homme : il lui rappelait son père dans sa manière de gouverner. Il observa la famille dirigeante avec intérêt. Si Nénietz n'était pas parti de la cité en entendant l'obligation de gratuité, c'est parce qu'il cherchait des contacts bien placés. L'homme du Nord le savait : sa cuisine ne serait jamais valorisée dans son pays d'origine. Mais il connaissait le remède à ce problème : il lui fallait trouver un investisseur capable de lui fournir une mise de départ pour prendre le bateau vers le Sud. Néanmoins, il avait perdu la réputation de ses parents en vendant leur restaurant et il avait parcouru ces étendues gelées pendant plus de dix ans sans trouver un mécène. Se renfrognant de plus belle sur cette pensée, il décida de se concentrer sur le spectacle des maîtres de l'eau qui devait suivre le discours.

Nénietz observa fasciné le spectacle des maîtres de l'eau. Même s'il savait contrôler la glace, son pouvoir était statique et pratique. Aussi belles que soient ses sculptures, elles restent de simples objets inanimés, fondant quand on les manipule. Aux yeux du marchand de glace, le spectacle était une pure merveille : des trombes d'eau s'élançaient, des vagues de fond se mélangeaient, le tout sans une seule erreur. Ajoutant du panache au spectacle, la lumière des étoiles et de la lune se reflétait dans les mouvements de l'eau, créant un effet d'ombre et de lumière des plus magnifiques. Cette démonstration lui faisait remonter des souvenirs de ses trop courtes années d'études à la maison des maîtrises de l'eau, principalement d'une jeune prodige dont il voulait tout oublier. Il fut tiré de sa vision onirique par un cri à glacer le sang qui le fit redescendre sur terre. Cédant à la curiosité, il utilisa sa carrure pour se frayer un chemin dans la foule avant de voir avec effroi une femme agonisant à même le sol.

Il resta de marbre pendant quelques secondes, ne sachant comment réagir, puis hurla d'une voix puissante et complètement paniquée :*


Un guérisseur, vite !

Re: La place centrale

Mer 29 Aoû 2012 14:38

* Le jeune homme faisait son devoir ce soir, mais pourtant il maudissait celui-ci. Il manquerait toutes les attractions de la soirée, bloqué ici à faire le guet. A l'affut d'une situation qui ne se produirait probablement jamais. Mais bon, il valait mieux prévenir que guérir disait-on. Le soldat se résigna donc à faire son devoir et à rester impassible et silencieux face à tout ce qui se produisait dans la foule et au-dessus de lui. Il écouta l'éloquent discours de Toruuk Hakan. Cet homme savait trouver le mots qui rendait la tâche de tous les soldats de la garde moins pesante. Tous sauraient en écoutant ses mots, la tragédie que serait la perte d'un homme comme lui pour la tribu. Azaruk mit alors plus de cœur à l'ouvrage après avoir écouté son supérieur. Le cadet de Toruuk lui fut plus avare de mots dans ses remerciement mais pour une fois, il paraissait sincère. Les membres de la famille royale quittèrent l'estrade et le spectacle commença.

Le garde ne pût suivre le merveilleux travail de Magena qu'au travers des exclamations et des regards admiratifs de la foule qui se massait devant lui. Une puissance émanait de l'estrade, mais elle n'était en rien hostile, juste belle et ensorcelante. Nombreux étaient les gardes qui étaient tentés de regarder ce qui pouvait se passer sur l'estrade. Azaruk lui-même dû se faire violence pour ne pas succomber à la tentation d'y poser le regard. Il préférait sentir le pouvoir de la maitrise de l'eau emplir l'air de son aura et imaginer ce qui pouvait bien se passer au dessus de sa tête. La représentation se termina enfin, faisant plus à une série d'applaudissements et d'acclamations. Le jeune homme fut heureux que cela se soit bien passer, Magena pouvait enfin souffler et savourer son succès.

Mais soudain alors que la joie avait remplie la place, un cri d'horreur se fit entendre et d'un geste unique tous les gardes tournèrent la tête vers l'endroit d'où semblait provenir ce cri affreux qui ne présageait rien de bon pour la suite des évènements. Sans échanger une seule instruction la garde se divisa en deux groupes. L'un s'était tout de suite rapproché de la famille royale pour les protéger. Mais tout de suite l'un des gardes remarqua qu'un membre de la famille manquait à l'appel, il s'approcha d'Azaruk qui allait rejoindre l'autre groupe. Les quelques mots que ce dernier lui transmit rendirent le garde livide. Alors que quelqu'un demandait un guérisseur, les craintes du garde se firent plus grandes. Il se précipita vers le lieu où la foule s'était amassée, se frayant un chemin entre les gens. Les guérisseurs étaient déjà en train de soigné la pauvre femme qui baignait dans son sang. Les gardes avaient établis un périmètre de sécurité pour permettre aux guérisseurs de travailler.

Azaruk se pencha sur la victime pour tenter d'établir son identité, il s'agissait de la nourrice de la petite princesse. Il se mit alors en quête de la jeune fille, mais il ne trouva que son panda favori non loin de la pauvre femme. Prenant la peluche en main, il s'empressa de la dissimuler aux yeux de la foule. Le plus calmement du monde, il retourna vers son supérieur et lui présenta la situation. Ce dernier dépêcha alors tout ce qui lui restait d'effectifs pour trouver la jeune fille. Azaruk lui siffla flocon qui apparu sur la place en faisant s'écarter la foule nombreuse. Puis au pas de course le cavalier et sa monture accompagnèrent les soldats à la recherche de la disparue en espérant la retrouver à temps. *



Edit Gwla: une petite princesse de sept ans, qui devient jeune fille en une ligne ? Tu m'as bien fait rire là xD

Re: La place centrale

Mer 29 Aoû 2012 21:34

Le Chef du Pôle Nord s'apprêtait à remercier les élèves de la Grande Maîtresse de l'Eau, lorsque le cri retentit. A peine se tournait-il vers la source, que la garde royale se déployait. Une partie entourant la famille royale, l'autre se dirigeant vers les stands de nourriture et boissons où une foule de personnes avait commencé à se rassembler, lui dissimulant ce qu'il se passait là bas.

Mais l'inquiétude le gagnait. Une inquiétude anormale malgré la situation. D'autant qu'il n'avait encore aucune idée du drame qui se déroulait. Avisant l'un des gardes royaux, il lui ordonna d'aller chercher sa fille. Qui était partie il y a quelques minutes à peine avec sa nourrice. Mais aussi lui demanda ce qu'il se passait.

-Chef...Votre fille...

Ce soldat, qui pourtant faisait parti de la garde royale depuis cinq ans, n'osait à peine regarder le Chef du Pôle Nord. Et encore pire, il ne répondait à aucune de ses interrogations.

-Oui, ma fille. Yuna. Ne restez pas planté là, amenez la moi !

Dire que Toruuk Hakan venait de perdre son calme était un euphémisme. Cette fête organisée pour le retour de son fils aurait du être parfaite. Il surprit alors le regard gêné du soldat vers les stands. L'arrivée des gardes royaux sur les lieux avait clairsemé la foule si bien qu'il vit une forme à terre entourée d'une flaque pourpre. Une femme qu'il reconnu aussitôt. Puisque depuis sept ans, elle vivait au palais, en tant que nourrice de sa fille.

Son sang se glaça à cette vue, et ni une ni deux, il fonça dans la foule en direction du corps à terre. Sans s'occuper des gardes royaux qui assuraient sa sécurité. Il brisa d'ailleurs le cercle de ceux qui s'étaient rassemblé autour de la pauvre femme qui baignait dans son sang. Morte. Les guérisseurs n'avaient pas pu la sauver.

Le chef du Pôle Nord, tout à sa colère et à son inquiétude, n'avait même pas remarqué que déjà la garde s'organisait pour retrouver sa fille. Une main se posa alors sur son épaule, le surprenant.

-Fouillez toute la ville s'il le faut, mais retrouvez la ! Et assurez vous aussi de la sécurité des princes !, leur ordonna t-il d'une voix forte, se moquant bien d'être entendu par la foule.

Sa colère était grande envers la garde royale, mais peut-être surtout parce que le père qu'il était s'inquiétait pour la vie de sa fille. Elle était son joyaux le plus précieux, celle de ses trois enfants qui lui rappelait le plus sa défunte épouse. Et ne pouvant rester là à attendre, il se joignit à l'une des équipes de recherche qui commença à quadriller le quartier marchand. A cet instant, il se pensait plus père que Chef du Pôle Nord.

Re: La place centrale

Mer 29 Aoû 2012 22:28

Tout le monde

Une certaine panique gagne la foule, surtout lorsque tous comprennent qu'il y a eu meurtre et que Yuna Hakan a disparu. Mais les soldats et gardes royaux interviennent. Les uns pour calmer certaines personnes, et leur ordonner de retourner chez eux, les autres pour interroger les hypothétiques témoins. Et justement...


Nénietz


...Tu vois un soldat se diriger droit vers toi. Un garde royal, vu son accoutrement.

-Toi ! As-tu vu ce qu'il s'est passé ?

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne te demande pas ça très gentiment.


Amarok / Lyanna


Le cri, vous l'avez bien entendu, mais de là où vous êtes, vous n'avez rien vu du meurtre. Néanmoins, étant proches de l'estrade, vous avez pu suivre les réactions du Chef du Pôle Nord, avant qu'il ne fende la foule, pour rejoindre la scène du crime. Mais surtout, quelqu'un vous bouscule soudainement. Un jeune homme pâle d'inquiétude. Le prince Kenaï Hakan. Qui semble avoir déjoué la vigilance des gardes royaux qui voulaient le ramener en sécurité au Palais.


Magena


Tu es l'une des témoins clefs, de part ta position plus élevée, qui te permet d'avoir une bonne vue sur la place centrale. Enfin, du moins, si tu as regardé dans la direction des stands, tu as pû voir de loin une silhouette s'attaquer à une femme, et repartir rapidement, avec un enfant dans les bras. Mais à cause de la foule et de la panique qui a suivi le cri, tu ne peux être certaine de la direction prise par la silhouette : l'une des sorties de la ville ou la direction du palais ? Ou bien une toute autre direction ?

Re: La place centrale

Jeu 30 Aoû 2012 00:14

*Nénietz était toujours sous le choc. Les événements défilaient devant ses yeux et il avait du mal à discerner le vrai du faux. Il y avait eu le spectacle : un magnifique spectacle de maîtrise de l'eau. Il s'en est suivi un cri glacial, profond, douloureux. Nénietz avait vu a pauvre femme, agonisant dans son fluide vital. Il avait appelé un guérisseur mais il était trop tard. Le temps de réaction de la foule, son temps de réaction, avait été trop lent. Il connaissait la puissance des guérisseurs du Pôle Nord. Il les avait vu guérir les blessures les plus graves avec une aisance surnaturelle. Et pourtant, elle était morte. Nénietz était sous le choc. Il avait vu des gens mourir, mais seulement de cause naturelle ou lors d'un accident impliquant des bêtes féroces. Une femme venait de mourir, assassinée en plaine foule par une personne qui s'en était sortie.

Rapidement, les gardes royaux dispersèrent la foule et montèrent un périmètre de sécurité autour du cadavre et de la famille royale. C'est alors que Nénietz réalisa la panique de son chef. Entendant les murmures de la foule et les vociférations du roi qui perdait peu à peu son sang-froid, il comprit que sa fille avait disparu. Cette horreur allait encore plus loin que ce qu'il avait imaginé.
Il regarda à nouveau Toruuk Hakan. Il se mit à vociférer des ordres à tort et à travers. Plus que jamais, Nénietz vit le père à travers cet homme.*


/Enlever la fille du père qui accueille le retour de son fils, la vie est parfois cruelle/

*Retrouvant peu à peu ses esprits, une peur plus proche commença à nouer son estomac. Les gardes allaient tous être dépêcher pour retrouver la petite disparue. Il les comprenait et aurait fait pareil à la place du chef Hakan. Il allait utiliser tous les gardes, même celui à qui Nénietz avait donner 100 yuans pour surveiller sa carriole. Bien que tiraillé par un étrange sentiment envers le chef, peut-être une détresse subconsciente de perdre l'enfant qu'il n'a pourtant jamais connu, le marchand de glace décida qu'il serait de bon ton d'aller mettre sa marchandise en sécurité avant de faire quoi que ce soit d'autre. Il entama un mouvement de recul quand il sentit une main le retenir au niveau de l'épaule*

"Toi ! As-tu vu ce qu'il s'est passé?"

*Un garde le retenait par la force et lui posa cette question. Il avait posé cette question brutalement et Nénietz en savait la raison. Les gardes risquaient gros et il leur fallait un suspect.*

"J'étais plongé dans le spectacle des maîtres de l'eau et je n'ai pas vu...l'accident. En entendant les cris, je me suis approché pour voir ce qui se passait quand j'ai vu une femme agonisant sur le sol. J'ai appelé les secours mais ils n'ont rien pu faire."

*Le commerçant se contenta de dire ce qu'il avait vu, priant secrètement pour que les gardes se trouvent rapidement un autre bouc émissaire.*

Re: La place centrale

Jeu 30 Aoû 2012 00:54

Les acclamations emplissaient Magena de fierté. Le tonnerre d'applaudissements l'assourdissait presque. Elle fut bien plus congratulée qu'elle n'osait l'espérer et cela la fit rire de joie. C'était bien la première fois qu'on lui faisait louange ainsi en public! Tout cela était véritablement grisant et la jeune maîtresse prenait déjà goût à être ainsi le centre d'une véritable tornade d'émerveillement. Ce n'était certes pas très humble de sa part, mais comment refuser un tel raz-de marée d'honneurs?

Wow! Tant d'engouement, c'est quand même inattendu! On a bien fait notre boulot, super! J'espère que Migina a tout vu! Elle doit être contente elle aussi, en tout cas j'espère. Cette fête devient de mieux en mieux, ça va crescendo ce soir!

Puis elle se tourna vers ses trois équipiers et ils s'égayèrent mutuellement d'une accolade chaleureuse. Toruuk Hakan s'approchait pour les féliciter de leur représentation. Sa prestance ne rendait que plus satisfaisantes les paroles à venir. C'était aussi une première pour Magena de recevoir les louanges du Chef du Pôle Nord en personne! Elle bomba quelque peu le torse, fière comme un paon. Elle avait réussi à créer quelque chose de beau après ses années d'entraînement sous l'égide de Kaleena, elle en était très heureuse et espérait de tout son cœur que d'autres trouvaient cela beau également. Chose qui apparemment n'était plus à prouver à qui que ce soit. Elle se surprit même à penser que cela avait dû plaire à la grande maîtresse, néanmoins, elle n'osa pas regarder dasn sa direction.

Au moment où Toruuk entrouvrait ses lèvres, Magena vit une forme sombre bouger dans la foule, s'approcher rapidement d'une femme, l'agresser - ce qui s'accompagne d'un cri perçant de douleur de la part de la victime - puis repartir emportant un enfant. Les réjouissances étaient bien destinées à être de courte durée. La jeune maîtresse écarquilla les yeux mais le temps de la surprise passa bien vite. En un éclair, les pensées défilèrent en elle.

Zut! Je n'ai pas bien pu voir où il a dû détaler! Agir. Je dois agir! Il voudra sortir de la ville, il a la garde à ses trousses. Vu qu'il a un enfant dans les pattes, aucune chance qu'il échappe à la garde royale à pieds, il doit prendre une monture... L'enclos des Elks!

C'était le moment d'entrer en action et Magena avait toujours été douée pour ça, foncer. Elle sauta de l'estrade, atterrit en plein milieu de la foule paniquée, faisant s'écarter plusieurs badauds au passage puis courut à toutes jambes dans la direction de l'enclos des Elks,bousculant tous ceux qui se trouvaient sur son chemin, en s'excusant tout de même rapidement envers ceux-ci. L'adrénaline faisait bouillonner son sang et une énergie nouvelle l'envahit malgré l'épuisant spectacle qu'elle venait de donner. Elle espéra que la garde royale quadrillait le secteur et bloquait les accès à la ville en ce moment même. La forme que lui donnait l'excitation de la situation pressante n'allait pas durer bien longtemps et il ne fallait pas que le malfrat s'échappe.

Toutefois, Magena continuait de courir. Un enfant avait été enlevé, et elle était bien décidée à montrer à ce kidnappeur sa façon de penser!

Re: La place centrale

Jeu 30 Aoû 2012 20:58

Le cri. Aussitôt qu'elle l'entendit, elle en fut comme électrisée, et sa main se posa d'instinct sur la poignée de son sabre. Et au lieu de tourner son regard vers la source du cri, comme tant d'autres le firent, elle regarda vers l'estrade et le Chef du Pôle Nord et sa famille. Son regard se couvrit d'inquiétude, mais aussi d'une certaine frayeur. Ou à moins que ce soit de la fureur ?

-Merde !, lâcha t-elle en s'apercevant que la princesse, Yuna Hakan, n'était plus là.

Et là, encore plus inquiète, elle se tourna enfin vers les stands, mais ne pût rien voir à cause de la foule et des gardes royaux qui avaient accouru. Mais une certitude se forgea dans son esprit. Cela ne pouvait qu'avoir un rapport avec la disparition de la princesse. Et alors qu'elle en eut la confirmation, simplement en regardant Toruuk Hakan partir vers les stands, et l'attitude des soldats, elle se dit que celui qui avait fait ça avait bien choisi son moment. Tout le monde avait été absorbé par le spectacle.

Alors qu'elle lançait un regard à Amarok, et qu'elle hésitait sur la marche à suivre, entre suivre les ordres que donnaient les soldats ou bien leur désobéir et les aider à rechercher la jeune princesse, quelqu'un les percuta tous les deux de plein fouet, la faisant presque tomber.

-On ne vous a jamais appris à faire attention !

Elle se figea aussitôt après avoir dit ces paroles. Devant elle était Kenaï Hakan, qui comme à chaque fois qu'elle le voyait, le troublait toujours autant. Elle avait d'ailleurs toujours cherché à l'éviter, même lorsqu'il venait boire un thé ou se restaurer chez Sun, elle faisait toujours en sorte de ne pas avoir à le servir. Et ce manège durait depuis des années maintenant. Parce qu'il lui rappelait toujours les paroles prononcées un jour par sa mère. Des paroles qu'elle n'arrivait toujours pas à oublier. Et rien que pour cela, même si elle ne le haïssait plus, elle aurait voulu le frapper. D'ailleurs, son regard se fit quelque peu furieux alors qu'elle ne cessait de le fixer. Puis, elle se rappela sa condition de prince, et ses bonnes manières au passage, et cessa son petit jeu :

-Prince Kenaï, fit-elle en s'obligeant à s'incliner devant lui, Veuillez pardonner mon emportement, je ne m'attendais pas à ce que ce soit vous.

Et elle se permit de lui faire une remarque assez directe :

-Pour votre sécurité, ne devriez-vous pas rentrer au Palais ?

Re: La place centrale

Jeu 30 Aoû 2012 22:15

Nénietz


Ta réponse semble satisfaire le soldat. Enfin, tu l'entends soupirer. A cause du spectacle, personne n'avait rien vu, et une impasse pareille, alors que la vie de la jeune princesse était en danger, ça avait de quoi énerver. D'autant que ce garde royal, comme bien d'autres, se sentait responsable de ce qui était arrivé. Il y avait eu défaillance dans leur organisation ce soir.

-Alors ne restes pas là ! Tu pourrais gêner les recherches !, te beugle t-il, tout à cran qu'il était.

Oui, inutile de préciser qu'il craignait pour son grade, si la princesse n'était pas retrouvée saine et sauve.


Magena


Lorsque tu arrives à l'enclos, le gardien des lieux, un homme d'un âge respectable, t'arrête bien vite :

-Mademoiselle ? Que faites-vous là ?

Il te regarde avec étonnement à vrai dire. Sûrement ne s'attendait-il pas à voir une civile débarquer là, alors que la cité était sans dessus dessous à cause de l'enlèvement de la princesse.


Amarok et Lyanna


Pressé comme il était d'échapper à la garde royale, Kenaï Hakan n'avait pas vraiment regardé devant lui, et voilà qu'il avait percuté deux personnes. S'apprêtant à s'excuser, il se stoppa net à cause de l'attitude de la jeune femme en face de lui. Une jeune femme aux cheveux rouges, qu'il connaissait, même s'il ne lui avait jamais adressé la parole. Il savait même qui elle était. La fille d'une cuisinière du palais, et qui travaillait dans le restaurant le plus connu de la capitale. Oui, à force de la voir l'éviter, il avait fini par se renseigner sur elle.

Le regard furieux qu'elle lui lançait le mit quelque peu mal à l'aise.

Mais pourquoi me regarde t-elle ainsi ?

Puis, elle le surprit franchement, lorsqu'elle s'excusa et s'inclina devant lui. Si bien qu'il lui fallut quelques secondes pour réagir :

-Ne vous excusez pas, c'est de ma faute.

L'empressement le gagna de nouveau, et il résista assez mal à l'idée de fausser compagnie à ces deux personnes, pour chercher sa soeur. Dès lors, la remarque que lui fit la jeune femme passa assez mal. Il eut bien envie de lui dire de se mêler de ses oignons, mais répliqua poliment :

-Je croirais entendre l'un des gardes. Maintenant, si vous voulez bien me laisser passer.

Mais c'était trop tard. L'un des gardes l'avait aperçu et fusait vers lui :

-Mon prince, votre père m'a ordonné de vous escorter jusqu'au palais.

Kenaï n'avait plus trop le choix maintenant. Et pourtant, une idée lui vint :

-Allez plutôt aider aux recherches. Ces deux personnes, fit-il en désignant Amarok et Lyanna, m'accompagneront jusqu'au palais.

-Mais c'est de la folie !, rétorqua le garde, s'intéressant maintenant beaucoup plus aux deux personnes qui étaient là. Et pas la peine de préciser que de voir la jeune femme armée lui déplut.

Re: La place centrale

Ven 31 Aoû 2012 10:38

-22-


En entendant la musique s'élever lentement dans les airs, Amarok quitte la contemplation méthodique de ses chaussures et fixe la scène d'un regard intrigué.
A peine les maitres ont-ils entamé les lents mouvements de leur danse que déjà il est transporté, hypnotisé par le spectacle qui se joue devant lui.
Fini la maitrise utilitaire, place à l'Art avec un grand "A". Les poissons dans leurs cubes de glace n'ont qu'à bien se tenir.
Ce qui se joue sous les yeux du jeune homme transcende chaque fibre de son être, le faisant vibrer d'une émotion qui lui était jusqu'ici inconnue.
De l'eau nait la glace et de la glace nait le mouvement. Fluide et à la fois solide, l'oiseau prend son envol et au battement de ses ailes répond celui du cœur du jeune homme.
Son ballet aérien est le temps qui passe, la neige qui se met à tomber scintille comme autant de reflets de rêves oubliés ou à venir.

Le cri qui retentit alors résonne, discordant dans la symphonie qui l'a absorbé.
Au dernier souffle de la nourrice, Amarok, lui, reprend le sien qu'il avait retenu tout ce temps sans même en avoir conscience.
Le choc de la rencontre avec le prince finit de le ramener sur terre, émiettant les dernières bribes de l'enchantement, flocons soufflés par le vent de la panique.
Comme Lyanna s'incline, il l'imite machinalement bien qu'il y ait peu de chances que le prince ait ne fut-ce que remarqué sa présence.
Ignorant complètement ce qu'il se passe à quelques mètres de là et la raison de toute cette soudaine agitation, le jeune homme reste silencieux et décide de s'en remettre à Lyanna, cette dernière semblant bien plus au fait que lui.

Le temps de l'émerveillement est fini mais son souvenir restera gravé dans un recoin de sa mémoire pour longtemps.
Peu importe les malheurs qui ne manqueront pas d'arriver, en ce jour, il a vu la beauté.

Re: La place centrale

Ven 31 Aoû 2012 14:13

Et ses prières furent exaucées :

Alors ne restes pas là ! Tu pourrais gêner les recherches !

*Le garde lui hurla ces mots avant de retourner à ses recherches. Il laissa le marchand et reparti interroger d'autres spectateurs, dans l'espoir que quelqu'un ait aperçu quelque chose.

Nénietz suivit l'ordre du garde et décida de se rendre jusqu'à sa carriole pour vérifier que tout se passait bien. La peur était palpable sur la place: panique d'avoir assisté à un meurtre, panique due à l'enlèvement de la fille du chef et panique de savoir le responsable libre. Le marchand de glace quitta la foule effrayée et s'enfonça dans les ruelles jusqu'au canal où il avait parqué son hippopotame laineux.*


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